Cécile Michel, Ambassadrice des Nouvelles Esthétiques France

Parce qu’on ne parle jamais trop de l’esthétique, parce que l’esthéticienne a besoin d’évoluer et de revaloriser son image, Les Nouvelles Esthétiques ont décidé d’avoir une Ambassadrice. Cécile Michel est esthéticienne, sa mission : faire bouger les choses !

Pourquoi êtes-vous devenue Ambassadrice des Nouvelles Esthétiques ?

Représenter l’esthétique pour moi est une chance de défendre notre profession, nos valeurs et de faire mon possible pour que notre métier s’actualise enfin.

Qu’est ce que cela représente pour vous ?

Je ne saurais le décrire, ça me touche énormément. Je suis très heureuse d’avoir inspiré ce nouveau statut et je prends la mesure de la responsabilité qui en découle et aussi de tout le travail qui va accompagner ce nouveau rôle dans le milieu de l’esthétique.

En quoi consiste votre rôle ?

Étant un rôle tout nouveau, tout est possible ! J’ai envie de mener des combats comme l’esthétique aux esthéticiennes, plus d’encadrement pour limiter les dérives et protéger mes consoeurs qui, au quotidien, se battent pour faire vivre leur entreprise. Et puis, bien sûr, actualiser l’esthétique ! En tant qu’esthéticienne et formatrice, je suis bien placée pour savoir que l’esthétique a pris un sacré coup de vieux et qu’il est temps de rattraper notre retard.

L’esthétique est le cinquième secteur du marché avec 54 000 entreprises en France (code 9602B, 9604Z, auto- entrepreneurs et prothésistes ongulaires). Tous les secteurs d’activité évoluent sauf le nôtre qui reste figé dans les années soixante ! Il faut plus que demander, maintenant, il faut agir et passer à l’action !

Heureusement, je rencontre tous les jours des esthéticiennes extraordinaires qui font bouger les choses grâce à leur vision plus moderne de l’esthétique, je rencontre des professionnels : distributeurs, fabricants, formatrices/teurs, sociétés de communication, qui ont à coeur d’accompagner l’esthéticienne vers cette évolution et il y a Les Nouvelles Esthétiques qui est d’un grand soutien pour relayer les informations. Si ce magazine qui existe depuis 1952 a su se moderniser, pourquoi nous n’y arriverions pas ?

Vous avez gagné le Concours de l’Esthéticienne de Demain, vous êtes un modèle pour de nombreuses esthéticiennes, vous sentez-vous investie d’une mission ?

Peut-être celle de faire prendre conscience du pouvoir que l’on a, de la force qui est la nôtre pour contribuer aux changements et pas juste être passives et se plaindre. Nous devons nous ré-approprier notre métier et créer une nouvelle ère pour l’esthétique, nous nous sommes trop éloignées de notre rôle premier de conseillère de la peau et avons rendu les armes trop vite !

Mais seule je ne ferai rien, c’est pourquoi j’en appelle à toutes et tous pour me rejoindre au sein du Mouvement des Esthéticiennes de France. Si chacune agit à son niveau au quotidien, dans son institut et se rassemble sous les mêmes valeurs et attentes, nous pouvons reprendre du terrain et (re) devenir l’experte auprès de notre clientèle.

Quelle est votre différence entre vous et les autres esthéticiennes ?

Aucunes et tant en même temps ! Nous sommes toutes différentes et nos inspirations, motivations nous sont personnelles. J’espère simplement rallier le maximum de consoeurs au MEF et nous aurons ainsi au moins un point commun, celui de passer à l’action !

Comment le rôle de l’esthéticienne a-t-il évolué ces dernières années ?

Le rôle de l’esthéticienne est flou à mon sens, le traditionnel est maintenant réalisé à la maison (épilation à la cire ou lumière pulsée, ongles même en vernis semipermanent,
soin visage avec ou sans technologies), on trouve tout et n’importe quoi sur Internet. La consommatrice est noyée sous les informations qui proviennent de tous les médias, papiers, TV, radio, net, blogueuses, tuto…

Même les particuliers s’inventent esthéticiennes et proposent des soins chez elles, c’est un fléau ! C’est pourquoi il faut définir à nouveau notre rôle et j’ai une proposition à ce sujet que j’évoquerai à Lyon lors des Workshops Esthétique & Spa.

Comment sera l’esthéticienne dans le futur, quel sera son rôle ?

Comme je l’ai dit, tout est à faire, à défaire et à réinventer, projet ambitieux, mais tellement passionnant. J’imagine l’esthéticienne plus experte et LA référente peau auprès de sa clientèle de plus en plus demandeuse de soins visibles immédiatement, un rôle d’accompagnement pour limiter les dérives, une esthéticienne plus au fait des nouveautés esthétiques comme médicales afin d’accompagner sa clientèle qui évolue en âge et donc en besoin, une esthéticienne qui utilise son potentiel pleinement sans jouer aux apprenties sorcières, nous avons tellement de possibilités pour prendre en charge la clientèle à tout âge ! Peut-être manque-t-il aussi de la confiance et de l’estime à notre profession.

Notre image d’esthéticienne est dépassée, le message envoyé reste tronqué, il faut travailler sur ce point !

Un conseil à donner aux esthéticiennes

J’ai deux mots : votre concept.

Avez-vous défini votre concept ? Quel qu’il soit, il faut que vous soyez identifiable ! Spécialiste des ongles, de l’épilation, anti-âge, amincissement… mais sans un fil rouge qui détermine la communication, le choix des appareils ou non, la marque, les couleurs, les publications, la clientèle ne sait pas qui vous êtes, alors, pourquoi viendrait-elle chez vous plutôt que chez une consoeur ? Il faut vous poser et prendre de la hauteur sur l’image que renvoie votre institut et opérer les modifications nécessaires.

Un message aux esthéticiennes

Si j’avais toutes les esthéticiennes de France devant moi, je les applaudirais ! Parce que nous méritons d’être applaudies !

Esthéticienne n’est pas un métier tout beau, tout rose où l’on s’amuse à faire des soins, non, être esthéticienne c’est déjà souvent être chef d’entreprise avec toutes les responsabilités qui lui incombent, les horaires à rallonge, le contact avec la clientèle (pas toujours facile !), l’esthéticienne est multi-casquettes : comptable, secrétaire, responsable ressources humaines quand il y a des salariées, sans parler de sa vie personnelle déjà bien chargée ! Être à son compte demande beaucoup d’énergie et de courage, souvent l’esthéticienne oublie qu’elle a cette force en elle !

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